Delpire & Co – Le Palais idéal du facteur Cheval, d’Aurélien Froment
Construit de la main d’un seul homme, ce monument de 23 mètres par
12 mètres, qui a nécessité 600 mètres cubes de pierre et 20 ans de travail, est, selon André Malraux, le « seul exemple en architecture d’art naïf ». Qualifié par son auteur, Ferdinand Cheval, de « Temple de la Nature », puis de « Palais idéal », cette véritable curiosité, située à Hauterives dans la Drôme, fascina, en leur temps, les Surréalistes. André Breton, Max Ernst et même Picasso se passionnèrent pour ce lieu qui reste aujourd’hui une énigme, une invitation à l’interprétation.
Un siècle plus tard, l’artiste Aurélien Froment s’y confronte. Il choisit d’orienter notre regard afin de faire ressortir chaque détail de cette foisonnante architecture. Par un jeu de draps noirs, qui n’est pas sans rappeler les photographes d’antan, il isole chaque sculpture et immortalise les détails, animaux, flore et figures humaines légendaires. Cet inventaire apparait alors comme un ensemble d’indices, un jeu de piste à travers lequel s’esquissent les contours de cette folie unique au monde.
Une lettre de Ferdinand Cheval de 1897 adressée à l’archiviste départemental, narre l’histoire incroyable de la naissance du Palais, de la première pierre qui accrocha son pied et son regard jusqu’aux premiers touristes venus du monde entier admirer « cet ensemble merveilleux ».
Un entretien entre Aurélien Froment et Pierre Constant, sculpteur et restaurateur du palais, met en lumière les enjeux liés à la conservation et à la présentation de ce lieu unique en son genre.
Ce livre révèle la démarche singulière d’Aurélien Froment qui nous permet de découvrir la Palais quasiment sculpture par sculpture et donne à voir, derrière l’aspect grandiose du site, la poésie et la fragilité de l’œuvre insolite du célèbre facteur autodidacte.
Aurélien Froment développe depuis une vingtaine d’année une œuvre à partir d’utopies concrètes et de biographies situées en marge de l’histoire. Ces recherches prennent forme à travers la réalisation d’installations d’images et de films. Son travail a été présenté dans de nombreuses expositions, notamment aux Rencontres d’Arles (2023), à l’Institut pour la photographie à Lille (2021), au musée M Leuven (2017), aux Abattoirs, Musée – Frac Occitanie Toulouse (2016), au Frac Île-de-France / Le Plateau (2014), ainsi qu’à la Biennale de Dakar (2016), la Biennale de Sydney (2014), la Biennale de Venise (2013) et la Biennale de Gwangju (2010).
Il vit à Edimbourg où il enseigne au Edinburgh College of Art.







