Exposition « Vibrations » d’Henri Foucault à la GALERIE FOLIA
Héritier de Man Ray, László Moholy-Nagy, d’Anna Atkins, Henri Foucault livre une interprétation poétique et lumineuse du jardin d’eau tout en questionnant continuellement le rôle de la photographie, son rapport au temps, à la matière, au mouvement.
En écho à la parution du livre Vibrations aux éditions Delpire, l’exposition offre une expérience singulière de la nature et de la photographie.
«C’est le monde à l’envers que donnent littéralement à voir les ombres blanches du photogramme. De vrais fantômes ces images-là, d’obscurs objets du désir. Leur clarté spectrale d’étoiles éclate dans la nuit noire et perfore un cosmos en perpétuelle métamorphose. Sous les cascades incandescentes jaillissent des mains négatives, des chevelures, des tresses, des touffes et des boutons secrets qui jouissent de leur essor, de leur chute dans l’infini, de leur éclatement à la surface du gouffre. »
Extrait du texte de préface de Bertrand Schefer, Vibrations, Henri Foucault, Delpire, 2020.
« Il n’est plus alors question de savoir si c’est de la photographie ou de la sculpture, ni même de la vidéo, car ces dénominations catégorielles convoquent certes le moment du « Faire » mais séparé de celui de la pensée, or l’œuvre d’Henri Foucault participe de « cet art qui n’est jamais donné qu’après coup, et sans doute seulement pour le temps de la réflexion de son concept, mais non pour le temps de son effectivité ». Il y est question du temps et des temps, de celui qui prélude aux combinaisons rigoureuses de carrés et de cadres mais aussi de ceux qui déclinent des agencements précieux de vestiges iconiques et de matériaux vernaculaires, d’images « revenantes » et de résidus poétiques. Dès lors, comme par miracle ou plutôt à la manière d’un puzzle dont les pièces trouvent leur place dans l’évidence de leur forme matricielle et parfois même négative : les photogrammes, les reliefs, les lettres, les compositions sculpturales ou les assemblages – collages jusqu’aux photographies trouées méticuleusement à l’emporte-pièce ou épinglées patiemment par des « petites-mains » expertes s’ enchaînent presque par magie suivant une sorte de logique où la réflexion et le faire ne sont jamais séparés, se nourrissant tour à tour dans le respect ou au détour de références assumées, au fil d’un dessein qui n’a rien à envier aux grandes théories artistiques. Juste un désir à l’œuvre jamais assouvi mais à chaque fois transmué par des œuvres qui nous permettent précisément de « saisir l’art à l’œuvre ».
Extrait du texte « Mine de Rien…« Il » n’est pas photographe et pourtant ! », Michelle Debat Décembre 2004
Henri Foucault
Né à Versailles en 1954, il vit et travaille à Alfortville.
Sculpteur, photographe et vidéaste, Henri Foucault est diplômé des Beaux-Arts de Paris.
Il réalise ses premiers photogrammes avec la série Photogramme-Inox en 1991. Puis, à partir des années 2000, il entreprend les séries Sosein et Satori, un travail plastique autour du corps.
Entre 2012 et 2015, il est invité par le Musée des impressionnismes à Giverny pour travailler sur le jardin de Monet, il réalise ainsi une série de photogrammes de végétaux du jardin de Monet, et entreprend des œuvres de grande dimension, Deep Blue et Green Light, qui combinent photogrammes et cristaux Swarovski.
En 2008, le musée de la Monnaie de Paris lui consacre une rétrospective.
Depuis la fin des années 80, son travail est régulièrement exposé en Europe, mais aussi aux Etats-Unis et au Mexique, et plusieurs ouvrages lui sont consacrés.
Depuis 1995, il est professeur aux Arts Décoratifs de Paris. Il est représenté par la galerie Thierry Bigaignon à Paris.
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