Maryam Firuzi — WHEN THE EARTH STILL HAD A FEMININE NAME
Pendant des années, Maryam Firuzi a dirigé son objectif vers les femmes des villes, tandis que les racines profondes de sa terre natale demeuraient pour elle consignées dans les livres et les récits — jusqu’à ce qu’elle prenne la route. Parcourant plus de 60 000 kilomètres à travers montagnes, déserts salés et forêts épaisses, elle a senti battre le coeur vivant d’une civilisation vieille de sept mille ans.
Dans chacune de ses séries, la photographe iranienne laisse percevoir le lien intime entre les femmes de son pays et l’acte de création. A travers « Scattered Memories of a Distorted Future », des artistes peintres ont insufflé une nouvelle vie aux lieux oubliés qu’elle découvrait, en les habitant de leurs oeuvres. « In the Shadow of the Silent Women », s’intéressent à des communautés de femmes qui veillent sur l’héritage culturel et artistique de leur civilisation, le protégeant et le transmettant. Et dans la série « Women in the Mirror », les femmes baloutches ont « cousu » leur présence dans des paysages qui les avaient invisibilisées, transformant l’effacement en existence par la broderie.
Porté par de nombreuses femmes rencontrées par la photographe, le prénom « Iran » signifie « la terre des êtres libres ». Nourrie dès l’enfance par la poésie et la mythologie persanes, Maryam Firuzi a toujours imaginé l’Iran comme « une cavalière, les cheveux dénoués flottant au vent, semant beauté et liberté comme on sème des graines ». Aujourd’hui, elle comprend à quel point cette vision d’enfance a façonné son regard d’artiste.
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