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MEP – Marie-Laure de Decker

Du 04 juin au 28 septembre 2025
L’exposition Marie-Laure de Decker, présentée à la MEP du 4 juin au 28 septembre 2025, est la première grande rétrospective consacrée à cette figure majeure du photojournalisme. En réhabilitant son œuvre, la MEP lui rend hommage en mettant en lumière son regard et son approche, capables de faire dialoguer l’Histoire et l’intime, et dont la résonance trouve aujourd’hui une portée particulière.

Marie-Laure de Decker a traversé l’histoire de la seconde XXe siècle avec son appareil photo, capturant les grands bouleversements de son époque au gré de ses rencontres et de ses engagements. Elle s’est imposée dans un milieu largement masculin, où exercer ce métier relevait – et relève toujours – d’un véritable choix de vie, porté par la passion, l’adrénaline, les risques et les renoncements. À une époque où peu de femmes osaient s’engager sur ce terrain, elle l’a fait avec une détermination farouche et un courage hors du commun.

Dès les années 1970, elle se distingue par son approche unique du photojournalisme. Ses reportages, couvrant des conflits majeurs comme la guerre du Vietnam, l’apartheid en Afrique du Sud ou la dictature chilienne, se caractérisent par une profonde humanité. Plutôt que de rechercher l’image choc, elle préfère capter la dignité des individus, explorant les hors-champs de la guerre. Ses photographies ne montrent pas la violence de façon frontale, mais la donnent à voir autrement – à travers les visages et les histoires de celles et ceux qui la traversent, comme en témoigne sa poignante série sur les combattants tchadiens et ses portraits de militantes yéménites.

Marie-Laure de Decker a fait de son œuvre un véritable combat pour la justice et l’égalité. Elle s’intéresse aux conditions de travail de la classe ouvrière, et documente également de nombreuses luttes sociales comme les révoltes de 1968 en France, les manifestations féministes en faveur de l’avortement à Paris et à Rome dans les années 1970, ainsi que les résistances aux régimes autoritaires au Chili et en Afrique du Sud entre 1980 et 1990.

Faisant du portrait son format de prédilection, elle capture avec la même intensité les anonymes et les figures publiques comme Valéry Giscard d’Estaing, Catherine Deneuve ou encore Man Ray.
Dans un domaine encore largement marquée par un regard masculin, sa démarche singulière demeure essentielle et trop peu reconnue. Cette exposition revient sur la trajectoire d’une femme inclassable, à la fois par son approche artistique audacieuse, ses choix de vie résolus et les personnes et sujets qu’elle a choisis de mettre en lumière. Pour elle, la photographie était plus qu’une profession, c’était une nécessité, un moyen de transcender le réel, un engagement total.

Grâce au travail de recherche mené par la MEP au sein des archives de la photographe, cette exposition propose un regard intime et renouvelé sur un héritage photographique unique. Fruit d’une collaboration étroite avec Pablo Saavedra de Decker, fils de l’artiste, elle témoigne du lien entre une œuvre et sa mémoire, entre une artiste et ce qu’elle transmet.

Commissaire :
Victoria Aresheva, MEP assistée par Elisa Monteillet, chargée de production, MEP.
La MEP remercie Pablo Saavedrade Decker pour sa confiance et son implication.
À l’occasion de cette exposition, un catalogue est publié aux Éditions La Martinière en partenariat avec la MEP.

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