PHOTO PHNOM PENH FESTIVAL 2026 – Seizième Édition
L’édition 2025 réunit oeuvres historiques et création contemporaine, une temporalité longue qui permet de penser la photographie dans son rapport au passé, au présent et à l’avenir. Entre mémoire et création, document et fiction, transmission et réinvention, le programme touche à des questions essentielles : comment les images influencent-elles notre manière de voir et de nous souvenir ? Comment nous permettent-elles de raconter le monde et d’agir sur lui ?
Les archives de Micheline DULLIN témoignent du Phnom Penh des années 1960. Photographe officielle du roi Norodom Sihanouk de 1958 à 1964, elle documente le Cambodge et ses grands chantiers de construction, comme le Stade olympique de l’architecte Vann Molyvann ou le pont japonais. Ses vues aériennes donnent à voir des édifices aujourd’hui disparus, comme le White Building, un complexe d’appartements abandonné sous le régime des Khmers rouges. Exerçant une profession alors peu embrassée par les femmes, son regard se pose au-delà des chantiers sur les habitants de la capitale. L’exposition sera présentée au Musée National qui accueille le festival pour la première fois.
La capacité de la photographie à réactiver la mémoire et à préserver les témoignages résonne particulièrement en cette année 2025, marquée par la commémoration de l’une des périodes les plus sombres de l’histoire du Cambodge : l’arrivée au pouvoir des Khmers rouges, à l’issue de plusieurs années de guerre civile particulièrement destructrice. La première soirée de projection, consacrée aux photographies de Roland NEVEU, Philip BLENKINSOP, CHIKURA Yukari et Sylvie LÉGET, permettra de réfléchir aux enjeux mémoriels liés à cet épisode tragique.
La préservation des souvenirs du peuple cambodgien est une priorité pour KIM Hak, né dans la province de Battambang, deux ans après la chute du régime des Khmers rouges. Sa série de photographies Alive met en scène de manière poétique des objets ordinaires, ayant accompagné les familles lors de leur exil imposé par le régime de Pol Pot. Ce travail, qui documente la diaspora cambodgienne tout en étant résolument tourné vers l’avenir, est exposé au Centre Bophana. Il est le fruit d’une collaboration sans cesse renouvelée avec ce lieu emblématique dédié à la conservation des archives audiovisuelles au Cambodge.
Les murs d’enceinte de l’ambassade de France, qui abritèrent des centaines de personnes durant le chaos qui suivit la prise de Phnom Penh par les Khmers rouges, accueilleront cette année le travail de Létizia LE FUR. Photographe française dont les images entretiennent un lien avec la peinture, elle interroge notre rapport à la nature ainsi que notre quête de liberté et de beauté. Les images présentées en une fresque monumentale résonnent avec nos préoccupations écologiques actuelles.
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