MEP – Diana Lixenberg – AMERICAN IMAGES
La Saison
L’individu et la communauté, le singulier et le collectif : cette saison d’expositions invite à regarder comment se tissent et s’articulent les trajectoires personnelles et les expériences partagées au sein des images, photographiques ou vidéo. En ouverture de l’année 2026, c’est avec un plaisir immense que la MEP présente American Images, première exposition personnelle dans une institution parisienne consacrée à la photographe néerlandaise Dana Lixenberg.Née à Amsterdam en 1964, Dana Lixenberg développe depuis plus de trois décennies une oeuvre singulière où le portrait devient un geste d’attention et d’engagement. Photographe documentaire, elle travaille avec une chambre grand format qui impose une temporalité lente et crée un espace de rencontre fondé sur la réciprocité. Ses images, précises et dépouillées, révèlent la dignité des gens qu’elle photographie, qu’il s’agisse de personnalités mondialement connu·es – parmi lesquel·les Toni Morrison, le chanteur Prince ou encore Whitney Houston – et des d’habitant·e·s de communautés fragilisé·es. L’Amérique apparait dans toute sa complexité, entre figures flamboyantes et laissés-pour-compte. Lixenberg, loin de toute vision univoque, propose au contraire une lecture multiple des États-Unis. American Images est une traversée de ces trente dernières années éclairant notre compréhension des réalités contemporaines de ce pays. L’exposition revient sur plusieurs projets au long cours menés aux Etats-Unis, dont Imperial Courts, initié au lendemain des émeutes de Los Angeles, en 1992, et que Lixenberg poursuit encore aujourd’hui. D’autres séries majeures – The Last Days of Shishmaref (2008), Jeffersonville, Indiana (2005) – témoignent de cette même fidélité aux personnes rencontrées, et d’une manière d’envisager la photographie comme une réponse faite au monde. Pour Lixenberg, le portrait est un acte intime : un espace où regarder l’autre devient une manière de le comprendre et de le considérer. Ses photographies n’enferment pas, elles viennent au contraire ouvrir le réel, le complexifier. D’une grande douceur malgré la précarité des contextes sociaux dans lesquels elles sont réalisées, ses photographies mettent en lumière la promesse non tenue du rêve américain.
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