40 ans après, la photographie contemporaine au Cambodge, Exposition à la Friche La Belle de Mai, Marseille
C’est dans ce contexte qu’une riche scène artistique est apparue, surprenante dans un aussi petit pays qui ne connaît aucun enseignement artistique digne de ce nom. Elle est singulière, innovante, marquée par des individualités fortes impossibles à rattacher à des courants inter- nationaux et elle surprend d’autant plus qu’elle ne se fonde sur aucun marché local. Tous ces artistes créent par nécessité profonde et, si certains commencent à être reconnus par les expatriés et quelques uns à l’international, c’est avant tout un besoin d’expression, de se définir, de se chercher et de se situer face à la situation actuelle du pays qui fonde leur expression. La photographie est un des domaines – avec la danse et le cinéma – les plus riches et créatifs de cette nouvelle scène cambodgienne. Portés par la dynamique du festival Photo Phnom Penh qui fête cette année sa dixième édition et qui leur a permis de rencontrer des photographes étrangers, des jeunes ont commencé à s’exprimer, pour analyser la situation de leur pays, pour critiquer, tenter de mieux comprendre, pour, aussi, regarder vers l’avenir. Dans des styles très divers, du documentaire au conceptuel, ils sont la preuve d’une reconstruction profonde, dense, marquée sur quatre générations par les problématiques de la mémoire, de l’histoire et de l’identité. Au moment où le pays se confronte à la présence de plus en plus massive de ce que l’on peut nommer une véritable « invasion » chinoise.
Christian Caujolle



