Brésils, exposition photographique de Ludovic Carème à la Friche La Belle de Mai, Marseille
En 2012 il a cadré les grands immeubles du centre, ruines modernes et dérisoires, révoltantes dans une ville où des milliers de sans-abris – qu’il a photographiés durant deux ans, de 2013 à 2015 – rendent encore plus intolérables ces habitations vides transformées en œuvres d’art urbain par d’audacieux « Pixadores ».
En abandonnant la ville pour le plus profond de l’Amazonie de fin 2015 jusqu’à fin 2017, en poursuivant son travail de portraitiste et en le complétant de vues, souvent sensuelles, de la forêt mais aussi de constats nets de la déforestation ou de petites natures mortes trouvées dans les intérieurs, il poursuit le développement sensible d’une photographie documentaire aux solides bases classiques.
Des portraits dignes et un peu tristes, une forêt luxuriante et en butte aux agressions de l’homme, des maisons détruites, le double mouvement qui mène, partout dans le monde, les pauvres vers les villes et leur interdit les centres, tout est là, avec retenue, avec une forme de poésie aussi. Et cette évidence, n’en déplaise au chanteur, que la misère n’est pas « plus douce au soleil ». Encore moins dans le Brésil d’aujourd’hui, de plus en plus violent pour ceux qu’il marginalise.
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